Le cinéma français se porte plutôt bien. Pour autant tout n’est pas si rose, et face à un cinéma d’auteur exigeant ou à la comédie, le cinéma de genre connaît une période bien difficile.

Antigang
mercredi 29 juin

 

Depuis 2008, quatre films français ont remporté la Palme d’or (Entre les mursAmourLa vie d’AdèleDheepan) ; Lucy de Luc Besson a explosé au Box-office mondial (plus de 450 millions de dollars récoltés), permettant notamment au réalisateur de se lancer dans l’aventure Valerian, et les cartons s’enchaînent dans l’hexagone (Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, Les Tuche 2La Famille BélierLes nouvelles aventures d’Aladin ont attiré des millions de spectateurs…).

Pourtant, le cinéma de genre connaît une période bien difficile.

 

Alban Lenoir

 

Films français d’action, d’horreur ou de SF se font effectivement bien rares aujourd’hui. Budgets trop lourds ? Producteurs et chaînes hertziennes frileux ? Manque d’intérêt du public ? Complexe d’infériorité face aux cinémas asiatique et américain ?

Il y a certainement un peu de tout cela, même si les budgets peuvent être contrôlés (en Amérique, Jason Blum, le producteur avisé de Sinister, Insidious, American nightmare ou Paranormal activity ne dépasse jamais les 5 millions de budget), même si les spectateurs se déplacent (succès récents de Conjuring, Sinister, tant aux USA qu’en France, tandis qu’en 2001 Le pacte des loups séduisait plus de 5 millions de personnes en France), même s’il existe une réelle qualité française (les très marquants Sheitan, A l’intérieur ou Trouble every day).

 

antigang Jean Reno

 

Il y a bien eu quelques tentatives françaises dans les années 2000 suite au succès du Pacte des loups par une génération émergeante, biberonnée au ciné US et à Mad Movies: western métaphysique (Blueberry), SF (Dante 01), horreur (Martyrs, La meute, Haute tension…), action bien musclée (Nid de guêpes, Dobermann).

La plupart sont des échecs en salles : le cinéma de genre se tarit peu à peu et quelques réalisateurs préfèrent tenter leur chance aux States (Jean-François Richet y réalise Assaut sur le central 13, Christophe Ganz part faire l’adaptation du jeu Silent Hill et Alexandre Aja remake La colline a des yeux…), alors que certains films doivent se contenter de projections exceptionnelles (Goal of the dead).

 

Jean Reno

 

En 2015-2016, SF, fantastique et horreur sont donc bien en galère dans le ciné français. Le polar tendu, fièvreux, d’action, cousin lointain et dégénéré d’un certain cinéma policier à la française des années 50-70, s’en tire néanmoins un peu mieux que ses petits camarades.

Braqueurs sort ainsi en salles en mai 2016, tandis qu’en 2015 s’affichaient à quelques mois d’intervalle Enragés et surtout, Antigang. Quelques braquages bien balèzes (pas si éloignés de ceux de Heat), un Jean Reno taiseux comme on aime, un Alban Lenoir de plus en plus impressionnant et une absence totale de compromis plutôt rafraichissante… Une première pierre pour un retour en fanfare du cinéma de genre en France ?

 

Jean Reno

 

Antigang, Film français de Benjamin Rocher avec Jean Reno, Alban Lenoir sur OCS Max le mercredi 29 juin à 20h40.