Dans sa nouvelle série, Jean-Marc Vallée réussit à construire et décrire une société où une violence subtile, loin d’être banale, semble être le point commun entre chaque personnage et chaque histoire. Cette violence toujours réaliste se perçoit dans un premier temps à travers l’approche faite du viol, une approche politique selon Shailene Woodley.

Attention, nous vous conseillons d’être à jour dans la série avant de lire l’article !

BIG LITTLE LIES
chaque lundi en US+24

 

Jane, sous les traits de Shailene Woodley, raconte au bout de quelques épisodes, l’événement traumatisant qu’elle a subi avant d’avoir Ziggy. Cette scène de viol, déjà envisagée par les spectateurs, nous est exposée de manière claire à travers plusieurs flashbacks. L’absence du père de Ziggy, ses réactions apeurées mais aussi certains de ses flashs pouvaient déjà nous mettre la puce à l’oreille.

 

Jane Chapman et Ziggy Big Little Lies

 

 

L’histoire de Jane est poussée au delà de l’évènement traumatisant qui lui a apporté son enfant. La série, à travers son flux d’images dont on ne sait s’il s’agit de rêves ou de souvenirs réels, dévoile la réalité de ce traumatisme. Au bout de 6 ans, elle n’a rien oublié.

Si le sujet n’est pas des plus évidents à traiter, pour Shailene Woodley, il s’agit tout simplement d’un angle politique apporté par l’auteur. 

Jamais je n’avais vu le sujet du viol traité de manière réaliste, nous dit-elle. La série a levé un tabou en restituant les sentiments de honte, de colère, de peur que provoque une agression sexuelle. Dans un show destiné à une large audience, c’est carrément un acte politique.

Et cet « acte politique » ne s’arrête pas là.

Celeste et Perry Big Little Lies

 

Le cas de Céleste est beaucoup plus complexe. Dans les premiers épisodes, sa relation avec son mari soulève quelques questions mais rien d’évident n’est montré. Là ou Big Little Lies excelle c’est lorsqu’elle aborde l’infime limite entre les violences conjugales et les disputes passionnées d’un couple. 

Lorsqu’elle se confie à Madeline sur sa relation avec Perry, Céleste explique que son couple est animé par une passion sujette à des disputes et des réconciliations sur l’oreiller. A ce stade de la série, il est difficile pour le spectateur de déceler de la violence conjugal dans ce couple. Ont-ils des tendances sadomasochistes ou s’agit-il d’une femme battue ?

Au fur et à mesure des épisodes et des révélations à la psycho-thérapeute, Célèste nous révèle peu à peu la vraie nature de sa relation.

 

Céleste et Perry chez le psy

 

Lorsque sa psy remarque qu’elle dit encore « faire l’amour » pour décrire ses actes sexuels avec son mari, les flashbacks de Célèste frappe le spectateur de la violence et de la soumission indésirées de celle-ci.

Ce sont ces traumatismes qui nous montrent des personnages autrement plus forts que les caricatures que nous pouvions imaginer au début de la série. Ces femmes pleines de contradiction, ces relations remplies de non-dit nous dévoilent des réalités complexes et subtiles.

Loin d’y décrire uniquement des victimes d’hommes violents, Big Little Lies s’attarde également sur d’autres formes de violences : de l’intimidation au harcèlement.

Retrouvez un nouvel épisode chaque lundi en US+24 sur OCS City !

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