Plongez dans les années 50′, le temps du CinemaScope et des couleurs flamboyantes, du grand spectacle et des grands sentiments. 

C’est à cette époque et pour les Studios Universal que Douglas Sirk réalise la majeure partie de ses oeuvres. Ses films produits par Ross Hunter sont interprétés par un groupe d’acteurs parmi lesquels Rock Hudson, Robert Stack, Dorothy Malone ou encore Jane Wyman.

Les oeuvres américaines traversent alors les frontières et le grand écran fait sensation. C’est la montée en puissance de l’Actors Studio, des acteurs tourmentés, bouleversants et glamours. Douglas Sirk est allemand et, fervent admirateur de Shakespeare, sa vie sentimentale n’a rien à envier aux dilemmes de ses personnages de prédilection. C’est l’après guerre, l’après chaos tant au niveau mondial qu’au niveau personnel pour Douglas Sirk.

Et si le mélodrame a longtemps été considéré comme un genre mineur, Douglas Sirk, lui, révèle tout son potentiel avec un recul certain et une ironie maîtrisée. Son désir de fuir le réel, son rapport à la destinée expliquent sans nul doute son goût prononcé pour le mélodrame. C’est avec maestria qu’il réalise ses oeuvres en adaptant notamment  Pylône de William Faulkner avec La Ronde l’aube (1957) ou encore Le Temps d’aimer et de mourir (1958), d’après Erich Maria Remarque.

Beaucoup connaissent et apprécient le talent de Fassbinder, ses grands thèmes, sa façon de les mettre en scène et de les partager avec le public. Fassbinder aborde des sujets forts et singuliers sans pour autant tomber dans l’écueil de la gravité. Ce talent, cette prouesse c’est en grande partie à Douglas Sirk qu’il le doit.
 

 

Furieusement expressionnistes, les mélodrames de Douglas Sirk portent des sujets forts comme dans Ecrit sur du vent (1956) qui se situe dans le milieu de la haute bourgeoise et dans lequel la candeur et la clarté de l’enfance s’opposent avec force aux vices et aux héros ténébreux. L’âge tendre symbolisé par la rivière vers laquelle chacun des personnages tente en vain de retourner… Cette quête chimérique, probablement sienne, celle de retrouver ce temps béni de l’innocence, ce paradis perdu, cette insouciance qui jamais ne revient.

Fuir cette malédiction semble viscérale et chaque personnage choisi ses armes ou plutôt ses joujoux : voitures de luxe, jets, robes de soirée… Piètres succédanés aux yeux des plus adultes, substituts essentiels pour les autres… Ceux pour qui l’attrait des plaisirs immédiats n’a jamais connu d’égal.

Les mélodrames de Douglas Sirk restent des monuments du genre. L’émotion, la passion, l’exaltation sont palpables dans tous les détails de ses créations et ravivent pour notre plus grand bonheur, la subjectivité de chacun.

Dès le 02 novembre, Ecrit sur du vent

Dès le 09 novembre, La ronde de l’aube

Dès le 16 novembre, Mirage de la vie

Dès le 23 novembre, Le secret magnifique

Dès le 30 novembre, Tout ce que le ciel permet