Si HBO a su donner ses lettres de noblesse à la série avec des programmes cultes (The Wire, Oz, Les Soprano, Game of thrones…), le petit écran n’a pas toujours été regardé d’un œil bienveillant, notamment par le cinéma. Et pour les acteurs de séries, la télévision, au-delà d’un certain confort, a longtemps ressemblé au purgatoire.

MONEY MONSTER
mardi 15 mars

Le purgatoire des séries

Zack Morris, Screech, Brandon et Brenda, Drazic, Malcolm ? Disparus, carbonisés, aux oubliettes… Alors oui, ils ont droit régulièrement à quelques panouilles à droite à gauche (il revient ainsi à Callan Mulvey –Drazic- l’insigne honneur de tuer Ben Laden dans l’impressionnant Zero Dark Thirty).

Quant aux stars de l’ère AB, les Cricris d’amour et cie, elles sont probablement cramées pour un bon bout de temps. Ainsi que toute leur future descendance.

 

Geroge Clooney dans money monster

 

Pourtant, certains ont su tirer leur épingle du jeu, essentiellement aux USA : Jennifer Aniston est ainsi la grande gagnante de la bande du Central Perk et enchaîne les comédies, Bruce Willis a pu s’extirper de Clair de lune (Cybille Shepperd, sa co-star, nettement moins) Johnny Depp a laissé tomber ses camarades de 21 Jump street pour la carrière qu’on lui connaît et Will Smith, entre deux Bad boys bien bourrins du poète Michael Bay, s’est vu gratifié d’une nomination à l’Oscar du meilleur rôle pour Ali (2001), avant de confirmer quelques années plus tard avec A la poursuite du bonheur.

 

George Clooney dans Money Monster

 

Mais celui qui a géré mieux que tout le monde son passage du petit au grand écran, ça reste George Clooney. Comme celles de Depp (Intrusion) ou Smith (After earth), sa carrière n’est pas exempte de faux pas, mais les siens restent cantonnés à de la pub pour du café (on jettera un voile pudique sur Batman et Robin, dont l’intéressé, tout à fait conscient de sa part de responsabilité dans le fiasco général, est le premier à rire.)

Un parcours sans faute

Et après le hit télévisuel, le parcours du poivre et sel le plus célèbre de la planète ressemble à un sans-faute, entre rôles décomplexés chez Robert Rodriguez (Une nuit en enfer, Spy kids 3D), compositions délurées dans la trilogie des idiots des frères Coen (O’brother, Intolérable cruauté, Burn after reading), apparition dans la révolution cinématographique d’Alfonso Cuaron (Gravity) ou interprétations remarquables chez Soderbergh (Ocean’s eleven et ses suites, et surtout l’inoxydable Hors d’atteinte).

George Clooney Money Monster

 

Sa carrière, intelligemment menée, le mène naturellement à l’Oscar du second rôle (pour Syriana) et même à l’Oscar du meilleur film (en tant que producteur d’Argo, de Ben Affleck).

Un acteur engagé

Mais au-delà de ce parcours sans faille, c’est bien une espèce de classe naturelle (dont il a fait preuve une nouvelle fois en février 2017 lorsqu’il a reçu son César d’honneur), et un engagement de tous les instants qui place, peut-être, George Clooney au-dessus du microcosme hollywoodien.

Et son implication politique de transparaître régulièrement dans le choix de ses films, en tant que réalisateur (Les marches du pouvoir, Good night and good luck), producteur (Argo) ou acteur (Syriana).

 

George Clooney dans money Monster

 

Et c’est dans ce costume que George revient sur OCS Max, dans Money monster, grand divertissement efficace et casté (Julia Roberts retrouve Clooney pour la troisième fois), présenté à Cannes en 2016.

A priori indolore, le film de Jodie Foster, en suivant un jeune homme désemparé qui a tout perdu en suivant les conseils d’un gourou de Wall street, pointe en réalité avec force et conviction les ravages du capitalisme sauvage. Et permettrait à George Clooney d’ajouter une pierre à son édifice vers un engagement plus fort encore ? La rumeur d’ambitions politiques du comédien court depuis quelques semaines….

 

 

Money monster, film de Jodie Foster. Avec George Clooney, Julia Roberts. Diffusion sur OCS max le mercredi 15 mars à 20h40.

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