En juin 2003, l’American Film Institute livre sa liste des 50 plus grands héros de l’histoire du cinéma, mais aussi celle des 50 plus grands bad guys. En vrac et pas forcément dans le bon ordre : Hal 9000, Alien, Jack Torrance, Max Cady, Freddy, le Joker, le T 800… A la première place, on attend évidemment Dark Vador. Mais le triste seigneur Sith ne décroche que la 3ème marche du podium, derrière Norman Bates et, au plus haut, le gastronome Hannibal Lecter.

Hannibal Lecter
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Retour vers le passé

Le point commun du trio de tête ? Tous ont eu droit à une explication sur leurs sombres trajectoires, par la grâce de préquelles. Georges Lucas lance le bal dès 1999 avec La menace fantôme et un retour sur l’enfance d’Anakin Skywalker, sa rencontre avec les jedis et la découverte de la force. Bates, quant à lui, a droit à sa série TV en 2013. Entre temps, en 2007, c’est donc le passé du plus grand méchant de l’histoire du cinéma selon l’AFI, qui nous est raconté dans Hannibal Lecter, les origines du mal.

Hopkins, inoubliable Lecter

Si le grand public fait la connaissance de la création du romancier Thomas Harris,le docteur Lecter, en 1991 avec Le silence des agneaux (qui glane les 5 Oscars majeurs : réalisation, film, scénario, acteur, actrice), ce petit glouton d’Hannibal (spoiler alert : il mange des gens. IL MANGE DES GENS) fait sa première apparition cinématographique dans le torturé Le sixième sens (Michael Mann, 1986). Brian Cox incarne alors le célèbre cannibale, cannibale qui deviendra indissociable d’Anthony Hopkins dès Le silence des agneaux, tant l’acteur excelle en espèce d’animal à sang froid, capable d’instants de pure violence.

 

Hannibal Lecter

Dans les années 90, les franchises ne sont pas encore entrées dans les mœurs et Lecter ne fait son retour qu’en 2001, avec Hannibal de Ridley Scott, qui brille surtout par l’absence de Jodie Foster, qui n’a pas souhaité rempiler, considérant que le dénouement trahissait son personnage de Clarice Sterling.

Dès 2002, Dragon rouge de Brett Rattner offre une nouvelle lecture du premier roman de Thomas Harris et revient sur les mêmes évènements que Le sixième sens. Si Rattner ne partage évidemment pas la maîtrise de Mann, le film a le mérite de réintégrer Hopkins et de créer une vraie trilogie.

hannibal lecter

Malmener le mythe ?

Et, en 2007, plus de 20 ans après la première apparition d’Hannibal, le public est invité à enfin comprendre… Pourquoi est-il si méchant ? Pourquoi mange-t-il ses congénères ? Exercice périlleux puisque le risque est bien d’entacher le mythe. D’autant qu’en ce qui concerne Lecter, Hannibal de Scott tendait déjà à l’humaniser, puisqu’il ne s’en prenait finalement qu’à des êtres malfaisants (des corrompus, des pédophiles…).

Et si ce qui rendait si fascinants Vador ou Lecter, ce n’était pas, finalement, le mystère les entourant ? Avec sa prélogie et son explication de texte sur le revirement d’Anakin Skywalker, Lucas s’est attiré les foudres d’une partie du public. Avec Hannibal Lecter, les origines du mal, Peter Webber a-t’il réussi à revenir sur le passé du cannibale le plus célèbre, sans égratigner et démythifier le personnage ? 

 

Hannibal Lecter, les origines du mal. Film américain de Peter Webber, avec Gaspard Ulliel, Gong Li.

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