De retour après une trop longue absence, retrouvez l’univers envoûtant et cauchemardesque de Jumanji, en inédit sur OCS… 

 
« Il y a vingt-six ans, nous avons commencé une petite partie, un jeu avec des tambours… » 

Cette phrase, tirée de la scène où Alan Parrish (Robin Williams) se rappelle au bon (ou plutôt terrible) souvenir de son amie Sarah Wittle, est restée dans nos esprits, enfouie, presque oubliée. Elle a gardé toute son acuité au moment où sort Jumanji : Bienvenue dans la Jungle.

Il y a en effet plus de vingt-ans sortait Jumanji (1995), véritable film Totem pour toute une génération. Inspiré du roman éponyme de Chris Van Allsburg, le film fourmillait d’allusions, de clins d’œil, de messages.

Si Peter Pan – et le génial Hook, toujours avec R.Williams – symbolisent et incarnent le royaume de l’enfance, Jumanji en est le contrepoint : c’est le monde de l’enfance volée.

Il y a également du Freud dans ce premier opus. Alan, avant d’être aspiré par le jeu, est en réaction contre l’autorité paternelle et le poids des traditions familiales. «Peut-être que je ne veux pas être un Parrish !», crie-t-il à son père au cours d’une ultime dispute.

Dans cet esprit, les 26 ans de jungle, où Alan est traqué par le chasseur Van Pelt, (ersatz colonial du comte Zaroff et qui a les traits de Monsieur Parrish père), ne peuvent-ils pas être vus comme une épreuve, un rite initiatique d’accession à l’âge adulte ?

Il y a enfin beaucoup de Lewis Carrol, et d’Alice, dans ce film, par l’onirisme permanent et la distorsion de la réalité.

Lourd héritage, donc, pour ce nouveau volet. Alors, film d’aventure trépidant ou hommage un brin fétichiste pour une œuvre et un univers ? Un peu des deux sûrement.

Modernité oblige, la console de jeu a remplacé le plateau et la manette, les dés en ivoire, mais le suspense est toujours là, au service d’une dramaturgie forte.

Désormais, comme le titre le suggère, ce n’est plus le monde de Jumanji qui déferle sur notre réel, mais l’inverse, des personnages familiers projetés dans la terrible jungle. Quatre lycéens, chacun représentant une « tribu » contemporaine : la bimbo, le sportif, le geek et la fille torturée.

 

 

Véritable trouvaille, ils ne s’y retrouvent pas sous leur apparence habituelle, mais sous forme d’avatars complètement inattendus, en cohérence avec la mythologique des jeux vidéos, des avatars radicalement opposés à leur vrai « moi ».

C’est ainsi que le geek gringalet est incarné par le super balèze Dwayne Johnson, et que la bimbo – horreur ! – se réincarne sous les traits d’un chercheur adipeux. Evidemment, comme il ne s’agit que d’avatars, les héros, contrairement à Robin Williams, ne vieillissent pas pendant la durée de leur aventure…

Ce « Jumanji 2 » est donc un formidable divertissement, qui se rapproche parfois plus du très culte «The Breakfast Club» ou d’un buddy movie un peu épique comme «Your Highness» ou «Le monde presque perdu», que de son illustre prédécesseur.

Les interprétations de Kevin Hart, Dwayne Johnson et surtout de Jack Black sont certes délirantes, mais réussies et efficaces.

Un pop-corn Movie qui comporte nombre de références au premier Jumanji (découvrez la cabane de Robin Williams !)

Il est temps de reprendre la partie, dès le 24 octobre sur OCS !