David Haller (Dan Stevens) est un homme torturé. Depuis toujours, il entend des voix et souffre de visions durant lesquelles il déplace des objets, souvent dans un chaos absolu. La pire de toutes : celle d’un homme difforme aux yeux jaunes, qui l’observe. 

Legion
dès le 25 avril à 20:40

 

 

Les trente premières années de sa vie ont oscillé entre crises hallucinatoires, internements psychiatriques pour schizophrénie paranoïde et périodes de relative normalité.

A nouveau enfermé dans un hôpital déprimant où chacun de ses gestes est contrôlé, David s’enfonce dans la routine éreintante du lieu. Son salut repose dans la présence à la fois réconfortante et écrasante d’une autre patiente, Lenny Busker (Audrey Plaza), qui comble le vide en parlant sans cesse.

 

Legion David Haller et Syd Barrett

 

Puis un jour, Syd Barrett (Rachel Keller) arrive. Un regard posé sur elle suffit à David pour savoir qu’il l’aime d’un amour fou. La jeune fille, elle, se laisse approcher mais pas toucher. Aucun contact physique n’est autorisé, jusqu’à un baiser volé qui fait basculer la vie de Haller.

Grâce à elle, il intégrera l’étrange refuge du Docteur Melanie Bird (Jean Smart), une thérapeute aux méthodes peu orthodoxes qui va l’aider à comprendre que les visions qui l’oppressent n’en sont pas. Elles font partie de sa réalité et constituent un superpouvoir qu’il va devoir apprendre à maitriser.

Noah Hawley, casseur de codes

Les adaptations de Comics et de l’univers Marvel en séries sont nombreuses, de Jessica Jones à Luke Cage, Agents of SHIELD et Agent Carter, mais Legion ne ressemble à aucune d’entre elles. Noah Hawley s’est emparé de ces personnages pour créer un univers qui lui appartient, visuellement éblouissant et psychologiquement intense.

 

Legion David Haller et Syd Barrett

 

C’est déjà ce qu’il a fait en adaptant le Fargo des Frères Coen en 2014, s’éloignant du minimalisme de la réalisation faite principalement de plans fixes et larges du film culte pour en faire un objet sériel unique pleine de plans ultra sophistiqués.

La productrice Lauren Shuler Donner confirme : « Nous nous éloignons du X-Men de Marvel. Nous avons créé notre propre univers. Cela donne à Noah Hawley la liberté de faire exactement ce qu’il veut. Nous jouons sur différentes temporalités. »

 

Legion David Haller et Syd Barrett

 

Hawley, quant à lui, veut envouter le public :

« Legion est une série, mais aussi un état d’esprit. Nous l’avons articulée de manière hypnotique. Il faut que je sois capable de faire oublier le monde aux spectateurs dès les sept premières minutes de l’épisode. »

 « Les comics de X-Men présentent de nombreux univers alternatifs, ce qui m’a permis de m’en détacher. Legion raconte les origines de David Haller, mais aucun des personnages qui l’entourent dans la série n’existent dans les Comics. On a réinventé ce monde. » poursuit-il

Son arme secrète pour dérouter, bouleverser et interroger va au-delà du scénario. Dès le premier épisode de Legion, le visionnage se transforme en expérience sensorielle, servie par une réalisation explosive et inventive et une bande-son vrombissante à base de Rolling Stones, The Who, Talking Heads et Serge Gainsbourg, pour une séquence chorégraphiée épatante.

 

Legion David Haller

 

Les mouvements de caméra, les couleurs, les points de vue, le rythme, rien dans Legion n’a déjà été vu, et rien ne laisse indifférent. Progressivement, le spectateur se fond dans ce monde éclaté et imprévisible pour adopter le regard déformé de David Haller sur le monde.

La belle brochette 

Il fallait y penser ! Pour incarner David Haller, Noah Hawley a parié sur Dan Stevens, l’inoubliable Matthew de Downton Abbey. Le joli garçon un peu fade se révèle poreux, tortueux et terriblement charismatique quand il se glisse dans la peau de Haller. Le héros passe d’un état à l’autre, d’une détresse à l’autre et c’est un véritable tour de force de l’incarner sans jamais perdre de sa force.

 

Legion Poster Art

 

Face à lui, Rachel Keller, épatante dans Fargo (elle était une Simone Gerhardt incandescente) trouve l’équilibre parfait entre la fragilité et la résistance de Syd Barrett (un patronyme hommage au leader de Pink Floyd). Noah Hawley a également recruté Jean Smart, la redoutable Floyd Gerhardt de Fargo, femme de poignante qui rend chacun de ses personnages aussi rassurant qu’intriguant.

 

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