A Hollywood, ces 20 dernières années, quelques cinéastes  sont passés maîtres dans l’art d’un cinéma gonzo dans lequel bâtiments, voitures et vies ne valent finalement pas grand-chose : corps et édifices se détruisent, se confrontent pour finalement exploser dans des chocs de plus en plus violents. 

DU SANG ET DES LARMES
mardi 21 mars

 

Michael Bay (la saga Transformers, Bad boys), Roland Emmerich (Independence Day, Le jour d’après) et Peter Berg sont les dignes représentants de cette mouvance. Mais Berg se démarque un peu de ses petits camarades…

 

 

Si Michael Bay (il se fout ouvertement des mirages du rêve américain dans No Pain no Gain) et Roland Emmerich (par ironie du sort, les Américains se retrouvent en position de tenter de gagner massivement le Mexique dans Le Jour d’Après) tentent timidement d’approcher le terrain politique, Peter Berg a toujours eu une conscience sociale développée.

Dans ses films ou séries traîne toujours un plan ou deux sur un drapeau étoilé flottant au vent. Patriotique, le réalisateur l’est certainement un peu. Mais ça ne l’empêche pas d’être tout à fait conscient des multiples problèmes de son pays. Et quand il ne donne pas dans le gros popcorn movie (Hancock, Battleship), sa caméra épouse bien volontiers le point de vue de populations pour lesquelles l’oncle Sam n’a que peu d’intérêt.

 

Peter Berg et Mark Wahlberg du sang et des larmes

 

 

Dans sa série majeure Friday Night Lights, cataloguée un peu rapidement par certains comme un show mineur sur des quarterbacks et des cheerleaders,  rien n’intéresse plus Berg que le portrait de protagonistes cabossés par la vie.

Caméra à l’épaule, dans un style quasi documentaire, au plus près de personnages luttant chaque jour contre le déterminisme, les addictions, la pauvreté ou le racisme, les différents réalisateurs s’approchent parfois d’un Harmony Korine (Gummo).

 

Mark Wahlberg en caméra embarquée

 

Dans le récent Deepwater, Peter Berg prend fait et cause pour des électriciens sur une plateforme pétrolière, menés à leur perte suite à des décisions catastrophiques de financiers toujours plus avides.

Sur OCS Choc, retrouvez son morceau de bravoure Du Sang et des Larmes, film piège par excellence, où la propagande risque de pointer le bout de son nez à tout instant : un commando de Navy Seals, à la recherche d’un chef taliban se retrouve rapidement piégé dans les montagnes afghanes.

Si Berg magnifie ses héros ordinaires et s’il ne donne pas vraiment de figure à l’ennemi, il n’est pas dupe du sort réservé à une certaine jeunesse sacrifiée par son pays. Et croit à une paix possible entre les peuples. Pacifiste, Du Sang et des Larmes ? Pas loin.

 

Du sang et des larmes village afghan

 

Du sang et des larmes. Film américain de Peter Berg. Avec Mark Wahlberg, Emile Hirsch. Diffusion sur OCS Choc le mardi 21 mars à 20h40.

Et pour compléter le programme, retrouvez sur Choc Des hommes d’honneur, L’enfer du devoir, Sniper 6, Green zone et Les larmes du soleil.

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