Lorsque Django unchained sort en salle ce n’est pas vraiment le western qu’on va voir mais bien le dernier Tarantino. Car le réalisateur, né dans le Tennessee en 1963, est devenu un genre à lui tout seul : récits éclatés, passerelles entre ses films (Vic Vega –Reservoir Dogs– et Vincent Vega –Pulp Fiction– sont frères, par exemple), hommages, violence omniprésente… Autre marque de fabrique tarantinesque : la découverte ou la résurrection de talents. 

JACKIE BROWN
dimanche 25 octobre à 20:40 sur

 

Avant de croiser la route de QT et d’endosser le costume de Jules Winnfield dans Pulp Fiction, Samuel L. Jackson est bien apparu dans quelques films de Spike Lee, a passé une tête dans Les Affranchis ou s’est fait croquer par un raptor dans Jurassic Park (dans les années 90, l’espérance de vie des Noirs dans les films hollywoodiens n’est pas hyper élevée). Mais devant la caméra de Quentin Tarantino, Sam explose en 1994, d’autant qu’il est nommé pour l’Oscar du meilleur second rôle. A partir de là, l’acteur peut tout faire, de la superproduction (Star Wars I à III, Avengers), du film indé (Black snake moan) ou de la grosse comédie (Very Bad Cops).

Samuel L Jackson sur le balcon

Plus que Jackson, c’est Christoph Waltz qui doit tout ou presque à Tarantino. Lui, pour le coup, vient de très loin , plus exactement d’obscurs films allemands vus par pas grand monde, et même d’un épisode de Derrick. A 50 ans il obtient un des rôles principaux d’Inglorious Basterds : prix d’interprétation à Cannes, Oscar du second rôle. Il obtiendra de nouveau cette distinction pour un autre film de Tarantino, Django unchained. Et tournera pour Burton, Gilliam, Polanski, Gondry…

Au-delà de la découverte pure ou du coup de projecteur (Reservoir Dogs a été un bon accélérateur de carrière pour Tim Roth ou Steve Buscemi), QT aime bien donner dans la résurrection. Après avoir enflammé les dancefloor, John Travolta, en 1993, n’est pas loin de toucher le fond. Le bonhomme partage désormais l’affiche avec des chiens qui parlent (Allô maman, c’est Noel). Grand prince, Tarantino lui tend la main et lui ouvre les portes d’une deuxième partie de carrière proche du sans faute (Volte-face, La ligne rouge, Get shorty, Mad City…). Depuis, John a de nouveau merdé, mais il aura connu une des plus belles résurrections d’Hollywood.

John travolta sanglant dans pulp fiction

Dans une moindre mesure le réalisateur surdoué a donné un vrai coup de pouce à Bruce Willis (Pulp fiction) puis à Jamie Foxx (Django), alors en perte de vitesse.

Après avoir complètement relancé John Travolta, Tarantino retente le coup dès 1997 en castant Pam Grier et Robert Forster dans Jackie Brown, son adaptation du roman Punch créole d’Elmore Leonard. Pam Grier, il l’a vue et aimée dans de nombreux films de blaxploitation (elle était notamment Coffy ou Foxy Brown) et Robert Forster est un échappé de séries Z. Si Jackie et Max Cherry sont de très beaux rôles de personnages mûrs, l’effet sur la carrière des deux comédiens est moins flamboyant que le rôle de Vincent Vega sur la carrière de Travolta : on notera tout de même les apparitions de Grier dans Ghosts of Mars, Il n’est jamais trop tard ou The L Word et celles de Forster dans Fous d’Irene, La chute de la Maison Blanche ou Heroes.

Pam Grier en hotesse de l'air

Jackie Brown. Film américain de Quentin Tarantino, avec Pam Grier, Robert Forster, Samuel L. Jackson. Diffusion sur OCS Max le dimanche 25 octobre à 20H40.