Chapitre 6 : New York, New York !

Bienvenue dans les coulisses de The Art of Television : les réalisateurs de séries. Cette semaine, nous vous racontons notre second voyage aux Etats-Unis. A New York, nous avons rendez-vous avec Tim Van Patten, Matthew Penn et Alan Taylor.

 

Tim Van Patten Matthew Penn Alan Taylor

 

Ce second voyage s’annonce très, très intense. Nous rencontrons 3 réalisateurs en l’espace d’une semaine, mais aussi leurs collaborateurs. Il faut également faire des images d’illustration dans toute la ville. Et, éventuellement, dormir un peu. Nous ne nous déplaçons jamais sans notre plaque en plexiglass, qui nécessite des taxis géants et la patience de leurs chauffeurs.

Veuillez enlever vos chaussures !

La première interview est celle de Tim Van Patten et nous sommes hyper intimidés. Il vit dans une belle maison à Brooklyn, dans un quartier calme qui nous plonge dans l’univers de Girls. Il nous ouvre la porte, tout sourire, pieds nus. Chez lui, tout le monde enlève ses chaussures, nous y compris. Heureusement, nos chaussettes sont à peu près respectables. Son assistante, Florencia, fait tout pour nous mettre à l’aise et nous propose d’installer notre set dans le bureau de Tim, une caverne d’Ali Baba, pleine de photos et de souvenirs. Au sol, ses Emmy Awards, auxquels il a pendu des petits piments italiens porte-bonheur. Il y en a dans tous les recoins du bureau.

 

Emmy Awards

Les Emmy Awards, ça se range par terre. Tout simplement.

 

Nous nous installons. Quand le slider se met à grincer, Tim fouille dans ses outils pour nous trouver du WD-40. Après d’ultimes réglages de lumières, nous commençons l’interview. Tim est sans doute la personne la plus humble de la télévision. Sa voix est douce, il rappelle régulièrement à quel point son métier est un apprentissage permanent et la chance qu’il a eu de rencontrer David Chase et d’intégrer l’aventure Sopranos. Pourtant, rien de tout ça n’est de la chance. Son parcours du combattant pour arrêter sa carrière d’acteur et se consacrer à la réalisation le prouve. Après deux heures d’interview, il nous montre des cartons que son épouse est allée chercher dans leur cave. Ils débordent de scénarios, de photos, d’archives, de story-boards.

 

scénarios, de photos, d’archives, de story-boards.

Les notes de Tim Van Patten : un vrai capharnaüm.

 

Tim et Vincent partent en voiture tourner quelques images pendant que nous filmons les documents sous tous les angles avec Frank, notre second cadreur. Chaque page rappelle une scène, un moment culte, un coup de revolver, une colère de Nucky Thompson dans Boardwalk Empire. Une heure plus tard, Tim revient les bras chargés de pizza et de bières. C’est la pizza la plus cool de notre vie. En partant, nous décrochons le portrait de son mentor, Bruce Paltrow, qui trônait sur la plaque de plexiglass pour la poser sur son bureau, avec un petit soldat en plastique, clin d’œil à The Pacific.

La série, refuge des cinéphiles

Le lendemain, nous avons rendez-vous avec Alan Taylor, à nouveau à Brooklyn. Il nous accueille chaleureusement, accompagné de son chien, recueilli via Twitter. Sur sa table de travail, une vieille machine à écrire et des stylos et crayons par dizaines. Dans la pièce adjacente, un des raven de Game of Thrones nous observe.

 

chien

Le chien d’Alan Taylor nous a adopté.

 

Alan est heureux de parler de son métier. Après avoir réalisé deux blockbusters (Thor 2 et Terminator : Genisys), son amour pour la télévision n’a fait qu’augmenter. Il revient sur ses débuts aux côtés de Tom Fontana, et sur la série dont il prépare le pilote.

 

Script les soprano

Il n’y a rien de plus beau qu’un scénar des Soprano.

 

Il s’agit d’une adaptation de Roadside Picnic, roman de science-fiction écrit par les frères Strougatski, déjà adapté au cinéma par son idole, Andrei Tarkovsky, en 1979. Quelques mois plus tard, il nous invitera en salle de montage, à New York, pour assister à la naissance de ce pilote.

 

Roadside Picnic

Du livre au petit écran, le grand projet d’Alan Taylor

Derrière chaque grand homme, se cache une grande femme

Nous finissons notre trinité de réalisateurs avec Matthew Penn, rencontré quelques mois plus tôt au festival Séries Mania. Là-bas, il avait vu notre trailer et accepté de participer au projet, enjoué à l’idée que l’on s’intéresse au statut de réalisateur. Il nous reçoit chez lui, dans un appartement cossu donnant sur l’Hudson River. Le temps est couvert, ce qui complique l’installation lumière, mais nous finissons par trouver un joli cadre.

Son épouse, Candace, qui est traductrice en langue des signes, est présente. Adorable, elle nous prépare un petit snack ultra sain à base de fruits frais et d’amandes. Très complice avec Matthew, elle reste avec nous pendant l’interview et lui souffle des idées pendant les pauses, « Parle-leur du plan aérien dans Dr House ! », « Raconte-leur cette scène incroyable avec Glenn Close sur Damages ! ». On sent que chez les Penn, on vit tout à deux. Après l’interview, Matthew nous fait une petite leçon de mise en scène en s’appuyant sur la première scène de Queen of South, qu’il produit et réalise. Avec Vincent, il part en balade dans le Hudson River Park, le lieu où il va se ressourcer en période de stress.

 

Chez les Penn

Chez Matthew Penn, nous faisons comme chez nous.

 

Nous interviewons également Campbell Scott, acteur multi-facette qui a tourné avec Matthew Penn dans Damages et Royal Pains (et dans Singles, film culte de tous les fans de Grunge !) et Jonathan Freeman, chef opérateur fétiche de Tim Van Patten qui nous dévoile les secrets de fabrication de Boardwalk Empire.

L’Amérique : un décor de séries permanent

Pendant ce voyage, nous partons sur les traces des Sopranos en visitant ses lieux cultes, dont le Satin Dolls (ex-Bada Bing !) et le diner Holsten’s où se déroule la dernière scène de la série. Il est 11h du matin quand nous entrons au Satin Dolls. Les strip-teaseuses sont déjà en place, mais les clients se font attendre.

Le lieu est assez glauque, même si l’on retrouve des détails qui rappellent la série. C’est ici que Tony Soprano a éclaté la tête de Georgie avec un téléphone et que le destin de nombreux personnages s’est décidé. Chez Holsten’s, nous dégustons les onion rings que Tony considère comme les « meilleurs de l’état ».

 

Chez Holsten's Soprano

Ici, Tony, Carmela et leurs enfants nous ont dit adieu.

 

Nous tournons aussi dans le quartier de Carrie Bradshaw : la fameuse Magnolia Bakery, les marches menant à son appartement, lequel affiche une banderole en soutien à Hillary Clinton. Tristesse. Filmer New York a quelque chose de fascinant mais aussi de décourageant. Où que l’on pose sa caméra, on tombe invariablement sur un décor de série télé.

 

Maison de Carrie Bradshow

Carrie Bradshaw habite ici.

 

Et pourtant, New York au mois de juin, c’est aussi le paradis des touristes en shorts, nos confrères, que nous tentons tant bien que mal de gommer de nos images. Pour se détendre, nous faisons un petit tour au HBO Shop que nous dévalisons (les tee-shirts Kenny Powers étaient en soldes…) et, le soir, nous regardons les play-offs de la NBA dans un bar : Go Cavs !

 

Studio HBO

Au HBO shop, on parle couramment le dothraki.

Peut-on se reposer sur nos lauriers après ce voyage rondement mené ? Pas vraiment… On vous explique pourquoi la semaine prochaine.

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