Dans ses délires divers et variés, s’il y a bien une chose qu’Hollywood affectionne particulièrement, c’est brûler ses anciennes idoles. Avant d’éventuellement les remettre sur un piédestal.

The Wrestler
mercredi 7 septembre à 20:40

 

Certains artistes sont à priori cramés pour quelques années. Ainsi, certainement, que leur descendance, leurs cousins, leur facteur : Mel Gibson (ses diatribes antisémites), Charlie Sheen (son usage abusif de drogues) ou Steven Seagal (ses esclaves sexuelles) ont le dérapage sévère.

Si Sheen est apparu récemment dans Machete kills et si Gibson était présent à Cannes en mai 2016 pour présenter hors compétition Blood father, la rédemption et le retour aux affaires ne sont pas gagnés.

 

mickey Rourke

 

Pour autant, certains ont su s’échapper du purgatoire : John Travolta, englué dans la série des Allo, maman et revenu dans la A-list holywoodienne grâce à son rôle de Vincent Vega dans Pulp fiction, ou, plus fracassant encore, Matthew McConaughey, rescapé miraculeux d’une farandole de romcoms poussives et indigestes pour un enchaînement quasi parfait (La défense Lincoln, Mud, Dallas buyer club, Interstellar…).

Mais la trajectoire la plus fofolle reste de celle de Mickey Rourke.

 

mickael Rourke

 

Après avoir suivi les cours d’art dramatique du Lee Strasberg Theatre Institute dans les années 70, l’acteur, animal et instinctif, dans la lignée d’un Brando, explose dans les années 80, enchaînant quelques films importants de l’époque (La porte du paradis, L’année du dragon, 9 semaines ½ …).

Mais, peu enclin à s’adapter à la jungle hollywoodienne, qu’il conspue régulièrement, il passe à côté de quelques gros rôles (dans Highlander, Le flic de Beverly Hills, Les incorruptibles ou encore Rain man.).

 

Mickey Rourke

 

Dans les années 90, c’est donc la traversée du désert pour l’artiste, avec quelques rares éclaircies (Buffalo 66) et vrais films gênants (Double team, avec JCVD, autre grand taré), tandis que du côté du privé c’est pas jojo non plus (opérations chirurgicales ratées, accusations de maltraitance conjugales, consommation excessive d’alcool…).

Relancé dans les années 2000 par Tony Scott (Man on fire, Domino) et Robert Rodriguez (Il était une fois au Mexique), Mickey Rourke revient vraiment dans la cour des grands avec The Wrestler : il y est le catcheur Randy Robinson, star déchue, abandonné de ses fans et prêt à affronter ses démons avant de tirer sa révérence.

 

Mickey Rourke

 

Rôle-miroir, rôle somme, c’est une des plus belles performances de Rourke, qui lui a valu un Golden Globe en 2009 et une nomination à l’Oscar.

 

The Wrestler. Film de Darren Aronofsky, avec Mickey Rourke et Marisa Tomei sur OCS Choc le Mercredi 7 septembre à 20H40.