Quand Jeremy, 25 ans, se fait plaquer brutalement au retour d’un long séjour aux Etats-Unis, il perd alors tous ses repères et déprime, persuadé qu’autour de lui ses amis, eux, avancent.

Un Friends à la mode parisienne qui démarre avec un atterrissage violent et douloureux : From sky to the sidewalk !

Nouvelle dramédie écrite et interprétée par Bryan Marciano et produite par Géraldine Nakache, Christine Rouxel et Noor Sadar, Vingt-cinq met en lumière les questionnements d’une génération qui se cherche à l’heure où tout commence. A la fois, drôle, tendre et pathétique, la série met à nu les sentiments, les doutes, les errances de chacun : Jerémy, Julie, Jonas, Adrien, Alex…

« Sa rupture avec Julie lui fait vivre sa peur absolue d’être seul. Il avait tout construit sur cette relation et il avait mis des œillères pour pas penser à ce qu’allait devoir être sa vie. » Bryan Marciano (Jerémy)

Un âge virage où chacun se persuade que ses actes sont plus déterminants et engageants que jamais, où les choix deviennent alors plus pesants que ludiques. Un moment particulier et éphémère, celui du passage à l’âge adulte.

« J’ai voulu décrire une génération où les mecs d’aujourd’hui sont les filles d’hier. Ils ont peur, doutent, se briefent et se débriefent. » – Bryan Marciano (scénariste, réalisateur, comédien)

Retrouvez Vingt-cinq à partir du 25 octobre sur OCS Max et OCS go

ITW Bryan Marciano et comédiens

Bryan MARCIANO – Scénariste, Réalisateur, Comédien (Jérémy) 

« J’ai voulu décrire une génération où les mecs d’aujourd’hui sont les filles d’hier. Ils ont peur, doutent, se briefent et se débriefent. Ils peuvent chialer sur leur oreiller mais ils parlent. Difficilement parce que ça reste des mecs, mais ils se parlent ». 

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Géraldine Nakache : J’aimerais savoir pourquoi et quand tu as eu envie d’écrire ? 

Bryan : Au départ, je travaillais en maison de disques, puis j’ai managé une artiste, IRMA, et en juillet 2013 je me suis arrêté : chômage à 24 ans. Je m’ennuie, alors je fais des déjeuners pour occuper le temps, mais rapidement tu comprends que les gens, à 14h, ils bossent ! Donc à un moment ils arrêtent de décrocher et tu n’as plus rien à faire. Un jour j’ai déjeuné avec un pote qui m’a dit « si tu restes comme ca à trainer, tu penses qu’il va t’arriver quoi ?! » et notre conversation était très drôle, alors je suis rentré chez moi et je me suis mis à retranscrire toute notre discussion. Et ça m’a plu. Alors j’ai écrit, plus. Tous les jours. Des scènes de ma vie ou de la vie de mes potes.  

A quel moment tu t’es dit que ces histoires pourraient faire l’objet d’un film ou d’une série ?

-En fait, il m’était venue une scène assis sur un banc avec mes potes où on réalisait « dans 5 ans, on a 30 ans et on n’a pas fait grand-chose », parce qu’il se trouve que j’avais 25 ans ce jour-là. Et je me suis dit qu’il y avait peut-être un truc à raconter. Ensuite c’est le travail avec des amis scénaristes qui m’a permis de structurer tout ça : j’ai eu la chance d’être entouré de Noé Debré, Yohan Gromb et Anthony Marciano, mon frère. 

Est-ce que cette forme de mélancolie est liée à la génération d’aujourd’hui ou c’est toi qui a voulu injecter un côté tragi-comique ?

-C’est survenu naturellement. Moi j’ai une bande de potes avec laquelle on s’est marrés à 15 ans. Et après c’était fini. Post Bac, tout s’est assombri. Quand j’étais au chômage, je me souviens de leur dire « Allez viens, tu te rappelles quand on faisait ça…etc ». Un truc de mélancolie alors que tu as 25 ans… Tout ça pour dire que même si on est jeunes, on ne se tape pas forcément des barres de rire, et que chacun a ses tannées. Et il se trouve que je suis entourré de potes qui ont des grosses tannées, alors ca fait des histoires intéressantes. 

Et qu’est-ce qui t’a amené à faire la réalisation ?

– Quand j’ai fini d’écrire les 5 premiers épisodes, je suis allé te voir (Géraldine Nakache) pour te proposer de venir en réaliser. En fait quand j’écrivais, j’avais les images en tête de ce à quoi ça ressemblerait, j’avais déjà des idées très précises de la forme que ça devrait prendre, avec pour référence les 3 films qui sont tout en haut du podium pour moi : Garden State, Magnolia, Eternal Sunshine, et Les Sopranos… Il était question que tu réalises au moins le Pilote, et finalement, en voyant à quel point j’avais toute la série en tête, tu m’as poussé peu à peu à tout réaliser moi même, et j’en suis finalement très heureux. 

Tu as été sur tous les fronts, jusqu’au bout, jusque dans les moindres détails ? 

-Oui j’avais des idées extrêmement précises sur tout! Je me rappelle par exemple d’un van qu’on recherchait pour un personnage, je voulais telle marque, telle couleur…C’était tellement précis que c‘est devenu un truc que toute l’équipe s’est mise à chercher. Un jour sur le périph en scooter, j’ai arrêté un mec qui faisait des travaux pour essayer de lui louer son van pourri, et c’est même pas celui qui est dans la série, donc oui c’est allé très loin !  J’ai été entouré de personnes talentueuses comme Christine Rouxel qui m’accompagne depuis quasi le début, puis Noor Sadar qui nous a rejoint, et qui m’ont donné les moyens artistiques et financiers de répondre à cette exigence. Et puis des techniciens hors du commun. 

Et à quel moment tu t’es dit que tu allais jouer le personnage de Jérémy et cumuler du coup les rôles de réalisateur et acteur ? 

-Je ne me le suis pas vraiment dit. Mais en écrivant sur mes potes et les gens qui m’entouraient, et donc en m’inspirant de ma vie, j’ai réalisé que ça me ferait marrer de jouer, tout simplement, sans plus y réfléchir. Ca ne m’a pas plus stressé que ça. J’avais tellement de choses à faire sur la réalisation, que ma chance a été de ne pas m’angoisser pour le jeu. Et puis, ça a été un vrai plaisir d’être sur le plateau avec les comédiens, de m’éclater avec eux comme avec des potes, ça faisait du bien.

Parle-nous de ton personnage, Jérémy ?

C’est un romantique idéaliste, névrosé, un mec incapable de prendre la moindre décision, et complètement à côté de son âge : il est déjà vieux exprès pour ne pas avoir à expérimenter quoi que ce soit Sa rupture avec Julie lui fait vivre sa peur absolue d’être seul. Il avait tout construit sur cette relation et il avait mis des œillères pour pas penser à ce qu’allait devoir être sa vie. En fait, c’est le personnage qui se cherche dans tous les domaines, et qui cristallise donc le thème de la série, à savoir se chercher et se définir juste avant l’âge adulte. 

Quand tu passes au casting, pourquoi tu voulais des gens inconnus ?

-Parce que dans toutes les séries que j’aime, je connais bien mieux les noms des personnages que les noms des comédiens. Pour moi dans Friends à l’époque, c’est Rachel, et pas Jennifer Aniston.  Je voulais qu’on puisse se perdre dans la fiction complètement. 

En fait pendant deux ans, j’ai casté plein de monde, plus de 500 personnes, mais ça ne marchait pas. Du coup je me suis dit, c’est quoi mon critère ? Et j’ai changé de stratégie. Avec Judith Chalier qui était en charge du casting, mon critère principal c’est devenu : faut que la personne puisse être mon pote dans la vie. Dès qu’il ou elle passe la porte, faut que je puisse me dire qu’on va bien s’entendre, faut que je vois dans ses yeux un truc qui fait que je l’aime déjà. Je leur parlais pendant une heure, et je voulais voir si à la fin j’avais envie de les serrer dans mes bras.

Et demain, c’est quoi ton rêve ? 

-Là, j’ai envie d’écrire d’autres saisons. De pouvoir développer des personnages grâce au format série, c’est un vrai luxe. 

PABLO PAULY (Adrien)

« VINGT-CINQ a un côté super réaliste derrière la comédie. De pouvoir dire à cette génération qu’elle doit se bouger, que la vie ce n’est pas une baguette magique, que c’est à elle de forcer les portes, tout au long de sa vie. C’est ce chemin qui est intéressant ».

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Géraldine Nakache : Pablo, j’aimerais que tu m’expliques ce qui t’a fait rejoindre l’aventure VINGT-CINQ ? 

Pablo : Ca résonnait beaucoup avec ma vie, comme Adrien, mon personnage, j’attendais le switch… Mais quelque part, ça m’embêtait que ça me parle autant, et puis je n’étais pas sûr de vouloir refaire une série, de la comédie, donc je me suis mis à réfléchir s’il fallait que je le fasse ou pas. Et puis, Bryan est arrivé ! Ce qu’il m’explique, c’est qu’on va travailler un nouveau rythme, celui de la comédie-réaliste. VINGT-CINQ est réaliste. Et triste, comme la vraie vie ! Et c’est ce réalisme qui m’a parlé. Il y a une phrase de OutKast qui dit « Thirties are the new Twenties ». Je trouve ça très vrai : aujourd’hui, à 30 ans, c’est comme si tu en avais 20. Du coup à 20 ans, tu peux déjà prendre de grandes décisions. Et c’est pour ça que VINGT-CINQ a raison d’exister aujourd’hui, ici et maintenant, ça raconte précisément cette génération. Du coup, j’ai dit c’est parti quoi !

C’est important pour toi de défendre ce que racontent les fictions dans lesquelles tu joues ? Quand tu fais Patients par exemple, pour lequel tu as été nommé aux Césars ?

-Ca raconte des belles choses. Patients, ça raconte le handicap, qu’on connaît mal en France. De voir ce qu’il se passe dedans, c’est ça qui m’intéresse. La nomination, c’est la reconnaissance de mes pairs. Pour ce premier rôle, en gros je passe en première division, c’est un peu bête mais « maintenant je suis là ».

Ton personnage, c’est le seul qui pète véritablement un plomb. Comment tu l’appréhendes pour le jouer ? 

– Je le dose en fait, d’épisode en épisode, j’ai plein de notes, de post-it et Bryan me régule. Mon personnage part de tout en haut, il est en costard, mal taillé certes, pour aller tout en bas. Et bien moi, en tant qu’acteur, il fallait que je parte de tout en bas. L’opposé en fait. Parce que le moral d’Adrien, lui, il ne fait que monter, à l‘inverse. Pour lui, c’est pas du tout une descente aux enfers. Au contraire, il gravit des échelons. Donc oui je pète un câble, mais j’ai besoin de péter un câble, pour évoluer. Sinon, il s’enferme.

C’est ça aussi l’enjeu de VINGT-CINQ, c’est « Faire » ?

-Oui, il faut faire un truc de sa vie. Ca raconte à notre génération qu’on a plein d’outils. Mais qu’on les utilise mal. On a accès à tellement plein de choses : c’est génial, c’est puissant, mais il faut comprendre que c’est un outil.

Tu es en couple dans la série avec Sophie, interprétée par Esther Garrel. Vous vous connaissiez ?

-Non, mais c’est une très belle rencontre avec Esther. Le premier truc qu’on a tourné ensemble, c’est la scène où elle me quitte, qui est en fait notre dernière scène, et comme je ne la connais pas, c’est un peu bizarre. Donc bref, quand elle arrive, je la prends à part pour qu’on bosse tous les deux, et alors là je vois qu’elle sort son scénario, et qu’il y a des post-it partout : un régal !

S’il y a une saison 2 de VINGT-CINQ ?

-Ah moi je suis très chaud ! C’est un des meilleurs tournages que j’ai faits, j’ai tellement adoré tourner avec Bryan et tout le monde. C’est simple, je suis amoureux. 

Alexandre BOUBLIL (Alex)

« A la base, moi je ne suis pas acteur et je me suis retrouvé à jouer dans la série de mon pote d’enfance, sur des histoires à nous, qui nous étaient arrivées, vraiment ».

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Géraldine Nakache : Bryan, c’est ton ami d’enfance. Comment tu en viens à jouer dans sa série tout à coup, toi qui n’a pourtant jamais été acteur avant ? 

-Alex : Bryan, je le connais depuis que j’ai 12 ans, on était à l’école ensemble. En fait, le personnage d’Alex dans VINGT-CINQ est un peu inspiré de moi à la base. Bryan a vu plus de 150 personnes pour le rôle et un jour il m’appelle et me dit qu’il n’arrive pas à trouver son Alex parce qu’il a trop mon image en tête. Il me demande alors si je veux bien essayer de passer le casting. Et moi j’y vais franchement à la base, uniquement pour lui rendre service et lui montrer qu’il a tort. Et puis, je n’avais jamais eu de velléités d’être acteur, je fais de la stratégie digitale, ça c’est mon métier initial. Bref, il m’envoie un texte pour le travailler, j’avais un peu de pression, mais là je réalise qu’au fond, j’ai quand même envie que ça marche. Je fais ma scène et là, je vois ses yeux : il était de plus en plus excité, il était comme un fou ! Et au final, la production a validé.

Et sur le plateau, comment ça s’est passé ensuite concrètement ? 

-Sur le tournage, plus ça avançait, moins j’étais stressé. J’écoutais tous les conseils qu’on me donnait, je les appliquais, franchement ça m’a beaucoup aidé. Et c’est vrai qu’il y avait des compliments donc ça me rassurait énormément, ça me mettait dans de meilleures conditions jour après jour. Parce que moi, je vois tous mes défauts que je ne peux pas gommer, comme mon cheveu sur la langue…Mais bon, Bryan dit que c’est ce qui fait le charme du personnage ! Au final, j’ai adoré jouer avec tous ces comédiens, ils sont tous géniaux, et Bryan a franchement été exceptionnel dans sa manière de tout gérer. 

Est-ce que tu as parfois été gêné que ton personnage s’appelle Alex, parce qu’en vrai, Alex c’est pas toi ? C’est qui ?

-Ce qui m’a gêné, c’est que tout mon entourage croit que je joue le personnage de ma propre vie, alors que ce n’est pas du tout le cas ! Alex, il est issu d’une famille modeste et habite dans une cité, à Sarcelles. Il est guidé par l’envie de gagner de l’argent pour pouvoir partir et sortir toute sa famille de là. En fait, il n’a pas envie d’être moyennement haut, il veut être très haut : c’est ça ou rien. Il a toujours plein d’idées, parfois bonnes, parfois farfelues, mais en tout cas il ne s’arrête jamais, il prend toujours des initiatives et des rendez-vous à tout-va pour solliciter des gens et monter des business. Côté cœur, Alex cherche surtout une fille qui ait un bel appartement !

Quand tu as lu les autres personnages de la série, tu en as reconnus certains ? 

-Oui, Bryan a été beaucoup inspiré par notre bande d’amis, des vrais gens qu’on connait, ce qui fait qu’au final, il y a plein d’histoires dans cette série qui ont vraiment existé. Et il a surtout mis de lui dans chacun des personnages, et même pour les filles. Ce qu’on peut vraiment dire, c’est que VINGT-CINQ est vraiment issu de pure sincérité. 

Pour finir, qu’est-ce que tu retiens ?

– Le dernier jour du tournage, il a fait un discours qui nous a tous fait pleurer parce qu’il était jaloux que le lendemain, chacun aille bosser sur d’autres tournages. Il s’était vraiment attaché à cette famille. Et moi aussi.

Pierre LOTTIN

« Les personnages de VINGT-CINQ, je les ai croisés dans ma vie, il y a même une partie de leurs histoires que j’ai vécues. Du coup, pour un acteur c’est génial : plus tu les connais, plus tu maîtrises ton sujet. » 

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Géraldine Nakache : Qu’est ce qui t’a fait rejoindre VINGT-CINQ ?

Pierre : J’ai 28 ans et à mon âge, on se sent tous concernés de près ou de loin par les problématiques abordées dans cette série. D’ailleurs en lisant, j’ai tout de suite eu envie de jouer tous les personnages, je les trouvais tous vrais. Et ça m’a fait penser notamment à une comédie que j’adore, LOL, ce genre de film chorale. Donc j’étais très pressé de rejoindre l’aventure. 

Tu pourrais me parler de ton personnage, c’est qui pour toi Jonas ? 

-C’est un mec qui s’est beaucoup menti et qui ne s’est pas beaucoup cherché. Au fond de lui, il cache son homosexualité, et il va utiliser plein de parades pour éviter que ça se voit, quitte à être un peu lourd parfois. Et en même temps, ça le rend hyper attachant. Ce n’est pas quelqu’un de méchant, mais il va juste parfois vouloir briller, rouler des mécaniques, vouloir montrer qu’il couche avec des filles. Il est pris dans ses contradictions. 

Et pour un acteur de ton âge, qui a déjà eu beaucoup d’expériences de tournages, donner ta confiance à un metteur en scène qui sort de nulle part, comment ça se passe ?

 Je n’anticipe rien : moi, c’est à l’instinct, vraiment. Parfois, Bryan et moi, on avait une vision différente sur le personnage mais lui, il avait toute sa série bien précise en tête, et moi, je n’avais vraiment que mon personnage. Donc au final, tu fais confiance, et tu t’aperçois qu’on en sort de belles choses. En général, sur les court-métrages notamment, ils n’ont pas le temps de te mettre en scène. Moi, on me prenait directement pour ce que je savais faire : soit le mec marrant, soit le beau gosse, soit le mec violent, soit le mec du Nord… Alors que là dans VINGT CINQ, le personnage est beaucoup plus complexe, il y avait un peu de tout, et du coup c’était intéressant justement de faire ces concessions.

C’est comme une radiographie de ta génération en fait, et sous la comédie, il y a un fond très émouvant ?

-Oui, on raconte quelque chose dans tout ça. En fait, ce n’est pas qu’une succession de sketchs, il y a toute une trame, une histoire qui parle aux gens. Moi je vois ça comme une drama-comédie. Mais avec de bonnes conneries quand même… !

ESTHER GARREL (Sophie)

« Quand Bryan m’a téléphoné et qu’il m’a parlé du projet, je suis vraiment tombée amoureuse de lui. Au téléphone direct. Je n’avais rien lu du tout jusque-là. »

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Géraldine Nakache : Quand Bryan commence à t’expliquer VINGT-CINQ, qu’est-ce qui t’interpelle à ce moment-là ? 

-D’abord, c’est sa façon qu’il a eue de me raconter le projet, l’énergie qu’il a mise pour me parler…Il y avait quelque chose de très fort en lui et du coup, ça m’a interpellée tout de suite. Et puis, c’est plus que tout une histoire de groupe, avec évidemment plein d’individualités, mais c’est collectif : les histoires se croisent, les gens sont liés, sont connectés les uns aux autres, les rapports humains sont vrais… Dans toute la palette de personnalités, on peut forcément s’identifier. 

Comment Bryan t’a parlé de Sophie, ton personnage ?  

-Il la défendait, il voulait la sauver, et du coup ça m’a plu qu’il ne me parle pas du côté hyper terre à terre du personnage, en disant que c’est un peu une pauvre fille, qu’en fait son mec se branle aux toilettes quand elle, elle est en train de mettre une guirlande dans le sapin.

Mais c’est surtout une fille qui a envie que les gens aillent bien, qui a envie d’avoir de bonnes énergies pour tout le monde. Et même si on ne l’a pas rendue hyper belle, le fait qu’elle lève la tête, qu’elle ne regarde pas ses pompes, et bien ça la rend super sexy.

Quand tu arrives sur le plateau le premier jour, est-ce que tu sais précisément ce que tu vas faire de Sophie ? 

-En fait, c’est assez étrange mais à partir de son coup de téléphone, je savais que je pouvais lui faire confiance. Donc j’y allais légère sur le plateau. Aussi parce que lorsqu’on le regarde travailler, on sent qu’il est complètement immergé, et il n’y a rien de mieux pour un comédien que de voir un metteur en scène qui veut que ça marche, qui veut que ce soit beau. Et du coup, il contamine tout le plateau et tout le monde va dans la même direction.

Le tournage a duré deux mois, est-ce que tu as appris quelque chose de particulier pendant cette période ?

-J’ai essayé de fortifier quelque chose, que j’avais appris sur le tournage de Call me by your name, où les Américains jouaient beaucoup avec leurs corps. Du coup, sur le tournage de Bryan, je me suis dit que j’allais essayer de travailler ça, de ne pas être que dans ma tête. Et le fait qu’il y ait un grand groupe dans la série, ça m’a aidé à travailler sur ça, sur les énergies. 

 MARIE PETIOT (Laeti)

« Honnêtement, j’ai rarement eu la chance d’avoir des rôles vraiment comiques, où je peux me régaler à aller loin. Alors quand j’ai vu que j’étais castée pour Laëti, et quand j’ai vu la scène, j’ai dit OK ça c’est pour moi ! »

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Géraldine Nakache : Quand tu lis pour la première fois VING-CINQ, raconte-moi ce qu’il se passe dans ta tête à ce moment-là ?

-Je me suis dit enfin quelque chose où je vais pouvoir défendre un personnage de mon âge ! Parce que je ne vois pas beaucoup de choses sur cette génération de 25 ans, qui est une espèce d’entre deux : on est encore un peu des enfants, mais en train de devenir des adultes…C’est une phase vraiment étrange. On voit rarement ça en TV ou au cinéma et pourtant c’est hyper intéressant cette période. C’est des questions par rapport à l’amour, à l’amitié, à la famille, comment gagner de l’argent, qu’est-ce que je vais bien faire de ma vie…Quels sont mes rêves, mes envies ? Ce truc où tu te dis, c’est quoi demain ? Je vois dans mes amis, c’est une période où tu te cherches énormément : c’est ça que j’ai aimé dans le scénario. Et si t’es resté très longtemps avec quelqu’un, c’est la période où, soit ça s’arrête et tu te retrouves d’un coup célibataire pour la première fois de ta vie, comme le personnage de Jérémy, ou alors, tu te dis que si ça continue c’est le père de tes enfants.

Tu peux m’en dire plus sur Laëti ? Qu’est-ce que ce personnage te raconte, pour que toi, Marie, tu aies envie de la raconter ? 

-Elle est hyper touchante parce que c’est un des personnages les plus sincères, elle est sans filtre…Non pas qu’elle n’ait pas de second degré, mais elle dit tout, elle ne se rend pas compte. Il y a ce côté fofolle mais il y aussi tout ce que ça raconte derrière, sa solitude… Elle donne tout pour ses amis mais personne ne lui rend en retour. Il y a des scènes où c’était évident qu’elle était à deux doigts de fondre en larmes, mais elle fait semblant que non, elle continue à mettre toute sa luminosité. Et là forcément, en tant qu’actrice, t’es obligée de réfléchir à toute sa fragilité pour la jouer.

Est-ce que ces filles de 25 ans dans la série, tu as le sentiment de les connaître ? 

-Elles pourraient complètement exister ! J’espère qu’avec la série, les nanas de 15 ans se diront « ça pourrait trop être moi dans 10 ans », ou par exemple, une mère se dire « je reconnais tellement mes filles » ! Je pense que peu importe leur âge, elles pourront s’identifier à ces personnages.

Est-ce que tourner une série, ça change beaucoup du format cinéma ? 

-Oui, parce que tu tournes à toute vitesse ! C’est un super exercice parce que tu es obligé d’assurer, et comme moi je viens du théâtre, j’ai l’habitude de répétitions longues. Là, il faut être super efficace tout de suite. Et avec la bande, on n’avait pas le choix : il fallait assurer direct. 

Et sur le plateau, ça fait quoi de jouer avec Bryan, qui est aussi ton metteur en scène et l’auteur ? 

-Quand tu tournes avec lui, il faut oublier complètement le reste. Si tu commences à te dire « il me regarde jouer », là t’es foutu ! En revanche, quand c’est coupé, ce n’est plus ton partenaire mais c’est ton boss qui te réexplique les enjeux, qui te dit précisément ce qu’il veut. En plus, Bryan avait des idées très précises, tant mieux sinon t’es un peu paumée 

Une dernière chose que tu voudrais absolument dire sur la série ? 

-C’est chouette que ce soit des gens de cette génération qui parle de cette génération. De se dire, que même si on est jeunes et qu’on sort de nulle part, comme Bryan et comme nous tous parce qu’il n’y a pas de tête d’affiche dans la série, on est capables de raconter notre histoire. Ce n’est pas parce qu’on n’a rien fait, qu’on n’a pas des choses à dire. Et bien les dire. 

Léa MILLET (Julie)

« Dans cette série, chaque personne peut s’identifier, vraiment tout le monde, mais en plus, on peut s’identifier à tous les rôles. Une fille ou un mec aujourd’hui, c’est quasi la même chose, on a tous les mêmes considérations. »

***

Géraldine Nakache : VINGT-CINQ c’est une drôle d‘aventure pour toi, parce qu’elle a commencé sous une forme un peu différente ?

-Léa : Oui, moi j’étais assistante casting de la série, je donnais la réplique aux comédiens pendant les essais. Mais quand la directrice de casting m’a proposé de l’aider, et lorsqu’elle m’a expliqué que c’était une série sur des jeunes de 25 ans, j’avoue que j’avais très envie de passer moi-même le casting. J’avais déjà joué, mais là, ce n’était pas au programme. 

Qu’est-ce qui s’est passé pour que finalement tu te retrouves à avoir un rôle ?

-On a fait un premier visionnage des différents castings où Bryan m’entend donner la réplique, mais où il ne me voit pas. Il dit que ce serait bien que je passe le casting. Et là c’était un peu horrible, parce que je suis convoquée dans les bureaux où je faisais moi-même passer les castings depuis plusieurs mois, avec Bryan qui me donne la réplique ! Et dès le lendemain, je reviens au bureau et reprends ma place à côté de la directrice de casting pour continuer à caster, notamment des comédiennes !

Parle-nous de Julie ? 

-La série démarre avec sa rupture avec Jérémy, c’est elle qui le quitte. Elle est constitutive du pitch et elle ramène à la réalité en fait. Parce qu’on ne peut pas que rire, il y a des moments bouleversants dans la vie, et VINGT-CINQ c’est une radiographie de tout ça. Et Julie pour moi, c’est une vraie fille de son époque. Sous ses airs de princesse, elle a vécu les choses très tôt et elle a besoin d’être libre. Et parce qu’elle est courageuse, parce qu’elle a osé dire « Viens, on arrête, peut-être qu’on se retrouvera, mais laisse-moi vivre mes trucs », il faut l’excuser, il ne faut pas qu’elle passe pour la méchante. 

Et tu l’as croisée cette fille un jour dans la vie ?

-Oui carrément, et puis je peux l’être aussi. Mais toute l’histoire, moi je l’ai trouvée géniale, parce c’est bien écrit, c’est frais, vrai, drôle, c’est un humour que je connais très bien, ça me parle vraiment. Et c’est notre vraie vie : le rapport au travail, les galères d’appart, et Paris. J’ai déjà vécu des situations similaires, et chacun peut s’identifier çà et là, même dans les adultes d’ailleurs. 

Est-ce que t’as eu le sentiment d’aller sur le plateau et de rejoindre une bande d’amis ? 

-Le tournage m’a traversée humainement parce qu’il y avait un vrai truc… Je crois que le casting a été bien fait, et pas parce que j’étais assistante, mais parce que Bryan a vraiment choisi le côté humain. Ce n’est pas juste le comédien qui vient, qui connait sa partition par cœur, non, il y a eu de la gentillesse, et de la bienveillance les uns envers les autres.

Juliette BETTENCOURT (Nina)

« C’est surtout au fil des répétitions et en parlant avec Bryan, que j’ai vu vraiment ce qu’on allait faire. Je me suis dit que franchement ça allait être drôle, et tout aussi bouleversant. »

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Géraldine Nakache : Qu’est-ce qui t’a interpellé dans VINGT-CINQ ?

-Juliette : C’est la question « Qu’est-ce que je vais devenir » ? Déjà à 17 ans, c’est le moment où on doit choisir ses études, c’est absurde. T’es obligé de savoir où tu vas, t’es obligé d’être sûr de toi. Les héros de la série eux, même à 25 ans, ils ne savent toujours pas où ils vont et c’est pour ça qu’ils sont précaires. Ils ont le costume, l’attaché-case, mais ce n’est qu’une façade, ils sont paumés.

Est-ce que tu pourrais me parler de ton personnage, Nina ? 

-Nina, c’est donc le seul personnage de la bande qui n’a pas 25 ans, elle en a 18. C’est une fille qui vient d’avoir le bac, qui fait des études artistiques, et qui malgré les apparences n’a pas du tout confiance en elle…mais elle veut montrer l’inverse. Et c’est ça qui m’a fait rire. Elle se perd entre ce qu’elle veut montrer et ce qu’elle est vraiment, c’est sa fêlure. Après, moi contrairement à Nina, quand je sais pas trop où je vais, je le dis, je demande conseil, ce que Nina ne fait absolument pas. Elle refuse complètement. Mais je pense que ça parle à tout le monde, parce qu’on a tous eu un moment dans notre vie où on se demande où aller.

Est-ce que sur ce tournage-là, tu as eu le sentiment d’avoir appris quelque chose ? 

-Ca peut paraître bête, mais mes cheveux devaient être bleus, et une heure avant, j’apprends qu’ils vont être orange vif. Franchement, j’étais tétanisée. Sachant que le tournage dure deux mois et que pour moi, les cheveux, c’est sacré… Mais j’ai appris finalement que ça m’amuse de me transformer ! Ce n’est pas ad-vitam aeternam. 

Et juste une dernière question par rapport aux scènes de nus : comment ça s’est passé ?

-Bien parce que ça faisait preuve d’une grande pudeur. Déjà parce que Bryan est hyper pudique, je crois qu’il était même plus gêné que moi. Je pense que c’était la première fois pour lui aussi. Enfin, j’avais déjà fait des bisous, des scènes un peu olé olé mais pas autant, jamais. Et je pense que ça a marché parce qu’on les avait répétées avant, elles étaient calées et du coup j’étais à l’aise au moment de tourner. Je savais que ce ne serait jamais vulgaire. 

Et dans la balance, tu avais plus peur des cheveux ou des scènes de nus ? 

-Honnêtement, des cheveux oranges !

Vincent DEDIENNE (Nico)

« S’il y a une saison 2, est-ce que je signe ? Oui ! Mais de toute façon, je veux bien faire une pub pour IKEA avec Bryan maintenant ! Je suis fou de ce garçon. »

***

Géraldine Nakache : Quand tu reçois VINGT-CINQ, comment ça se passe ? 

Vincent : Je me dis que c’est extrêmement bien écrit, et qu’il y a une jeunesse. il y a aussi plein de nouveaux visages, mais aussi de nouvelles façons d’écrire, de travailler, je n’avais jamais vu ça. Et quand je rencontre Bryan, je me dis que non seulement il y a un auteur, mais il y a aussi un vrai acteur qui aime les autres acteurs. C’est un véritable homme-orchestre.

Est-ce que VINGT-CINQ t’a parlé ? Parce que même si on n’a pas 25 ans, c’est une radiographie de quelque chose qu’on connait ?

-Oui, et en plus, j’ai aimé la façon avec laquelle Bryan a mis de la fiction, parce que j’ai l’impression qu’il se cache un peu dans tous ses personnages : il a 8000 particules de lui un peu partout. Et ça dans l’écriture, je trouvais que c’était très généreux, très précieux. Que tout le monde soit joliment regardé.

Parle-nous de ton personnage, Nico ?

-Pour parler de Nico, il faut parler de Pierre Lottin, mon partenaire de jeu dans la série qui joue Jonas. Bryan a composé un couple improbable ! Mais sur le tournage, on est vraiment tombés les yeux dans les yeux avec Pierre. Nico apporte l’assurance qui manque à Jonas, il est là pour lui faire accepter son homosexualité. Il le reconnecte à la vie en essayant de le faire sourire. 

Y a t’il quelque chose en particulier qui va te rester de ce tournage ? 

-Moi je pars du principe que je n’imprime pas du tout la pellicule, mais ce tournage m’a rassuré parce que j’ai senti que Bryan aimait bien me diriger, et ça j’ai adoré. Et ce que j’ai appris, c’est me transformer en caméléon, avec Pierre, j’ai adoré voir comment on s’approchait. C’est quand même un animal sauvage, et je pense que j’en suis un également. Ce n’est pas rien d’avoir découvert ça, et je vais m’en servir, ça je le sais.

 

Episodes

 

 

EP1 « LE RETOUR » 

De retour à Paris après deux ans passés ensemble à New York, Jeremy se fait quitter par Julie, son amour de jeunesse. Il retourne vivre chez ses parents et retrouve ses amis d’enfance. Pour fêter leur retour, Adrien et Sophie ont organisé une soirée au cours de laquelle ils annoncent une nouvelle qui va enfoncer un peu plus Jeremy. Il constate qu’il n’avance pas, et réalise « dans 5 ans on a 30 ans ». 

 

EP2 « PAS SEUL! » 

Jeremy décide de reprendre sa vie en main. Il se prépare à un rencard avec Nina, 18 ans mais il est confronté à un problème d’impuissance. Adrien redonne une chance à son couple dans les toilettes d’un Flunch. Sous la pression d’un échec au travail, il finit par craquer. 

 

EP3 « JONAS A UN TRUC »

Jeremy commence un job alimentaire obtenu grâce à Laeti, son amie ex-teufeuse montpelliéraine. Jonas a une annonce à faire à Jeremy : il sort avec Julie. L’annonce tourne au drame et Jonas finit par révéler qu’il est « peut-être » gay. Décidé à en profiter pour récupérer Julie, Jeremy le pousse à faire son coming-out.

 

EP 4 « LE CHATEAU DE SARCELLES » 

Alex profite de la vie de château chez Jeanne, mais prend peur quand il découvre son fils, Théo. Il s’enfuit et retourne dans sa famille à Sarcelles. De son côté, Jeremy emménage dans un studio, et se confronte à un problème de vis-à-vis. 

 

EP 5 « YESTERDAY’S PAIN IS TOMORROW’S STRENGHT »

Face à Nina qui le pousse à « trouver une urgence », Jeremy réalise qu’il ne rêve de rien. Quand il fait la rencontre de Fredo, à la fois plombier serrurier et DJ, Jeremy quitte son boulot. Décidé à faire avancer Jonas, Alex le sort dans un bar gay, où il fait la rencontre de Nico.

 

EP 6 « PAPA »

Jeremy et Nina passent la journée ensemble et découvrent qu’ils aiment ça.  Alex est forcé de s’occuper de Théo toute la journée. Les deux s’attachent, et Alex prend peur. Sophie annonce aux filles qu’elle est enceinte. La nouvelle accable un peu plus Adrien.

 

EP 7 « LE RENAULT ESPACE »

Le groupe se réunit chez Adrien et Sophie. Ca tourne mal entre Jeremy et le nouveau mec de Julie, qui menace de se suicider. Jeremy se laisse rattraper par le passé et va finir par perdre Nina. De leur côté, Jonas et Nico avancent dans leur relation. 

 

EP 8 « LE TRIANGLE »

De retour chez ses parents, Jeremy retrouve dans l’immeuble Arthur, un ami d’enfance devenu vieux garçon. Cette rencontre le pousse à prendre une grande décision.  Alex encaisse un échec professionnel et Laëti un nouvel échec amoureux. Par un concours de circonstances, les deux retrouvent le sourire, refoulés à la porte d’une boite de nuit. 

 

EP 9 « LE TOUR DU MONDE »

C’est le jour du grand départ pour Jeremy. Le Tour du Monde. 

Jeremy finit par avancer, mais pas comme il l’avait prévu. 

 

EP 10 « ENTERREMENT DE VIES DE GARÇONS »

Le groupe attend Adrien pour son Enterrement de Vie de Garçon. Mais Adrien ne viendra jamais. 

Les garçons décident de sortir quand même. Le temps d’une nuit dans les rues de Paris, Jeremy durant laquelle recroise la route de Julie, Jonas celle de Nico. 

 

EP 11 « LES PETITES CHOSES pt.1 »

Après plusieurs jours sans nouvelles d’Adrien, Sophie reçoit la visite de Laëti, décidée à lui remonter le moral. De son côté, Jeremy met beaucoup d’espoir dans un rendez-vous chez un éditeur à qui il a envoyé son manuscrit. 

 

EP 12 « LES PETITES CHOSES pt.2 »

Après sa dernière sortie de route, Adrien présente à Sophie son nouveau plan de vie, un album de cover gitano de Jean Jacques Goldman. Jeremy et Julie se retrouvent et le temps d’une soirée…

 

Fiche technique

 

 

Production

 

Inside Vingt-cinq