Dans toutes les productions HBO, la musique tient une place très importante pour accompagner la narration. Ramin Djawadi offre à nouveau une prestation remarquable sur Westworld, un travail qui n’est pas dénué de sens et apporte de nombreuses clés pour mieux comprendre les intrigues la série.

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saison 1 disponible à la demande

 

Ramin Djawadi rythme nos séries préférées depuis quelques temps déjà. Pour Game Of Thrones, il a su nous charmer dès l’ouverture de la série avec « Earworm » jusqu’au dernier épisode de la saison 6 avec « Light of the Seven » accompagnant la vengeance de Cersei, ou « The Winds of Winter » accompagnant Daenerys et ses troupes sur les mers.

Pour Westworld, Ramin Djawadi s’est démené pour nous entrainer au cœur du parc à travers un ensemble de morceaux et de notes élégantes choisis par Jonathan Nolan et Lisa Joy.

Djawadi produit deux choses très différentes : de grands thèmes western pour les scènes magistrales dans le parc et des thèmes froids et électroniques pour les coulisses.

« Cela a toujours fait partie du plan pour que nous distinguons ces deux mondes. » a-t-il déclaré à Inverse

Au delà du plaisir d’entendre du Debussy succéder aux Rolling Stones, la musique prend une part très symbolique dans la série.

L’usage anachronique de musiques contemporaines dans le parc a un but précis : celui de renforcer l’aspect futuriste du parc. Paint It Black des Rolling Stones, Black Hole Sun de Soundgarden, No Suprises de Radiohead, Back to Black d’Amy Winehouse, A Forest de The Cure, House of The Rising Sun des Animals sont déjà des classiques présents à nos esprits et repris au piano mécanique. Vous les avez sans doute reconnus lors des épisodes, mais leur interprétation ne trahit en rien l’univers dans lequel ils sont joués.

 

 

Le pouvoir de ces morceaux sur le spectateur tient dans le fait d’une relation préexistante avec ces musiques. Ils leur rappellent que tout ceci n’est pas la réalité, d’après les explications du compositeur

D’autre part, les paroles de ces morceaux, même lorsque celles-ci ne sont pas dites dans la série, résonnent toujours avec la situation. De cette manière, Maeve revient dans son saloon après une énième mort sur l’air de Back to Black :

« We only said goodbye with words, I died a hundred times »

 

thandie Newton - Maeve

 

L’utilisation de Radiohead est une décision de Jonathan Nolan, lui-même grand fan du groupe – ce qui n’empêche jamais la symbolique de cet usage.

L’air « Exit Music (for a film) » utilisé par Arnold dans l’incident initial sert également de musique finale au film Roméo+Juliette de Baz Luhrmann. Cet air résonne au moment où Dolores, à la manière de Juliette, apprend que sa romance est voué à l’échec et que son « grand amour » n’est plus.

 

Ed Harris et Evan Rachel Wood

 

Toujours dans le parc, le piano résonne régulièrement de manière automatique de la même manière que les robots suivent leur partition. Ces airs programmés vivent au rythme des robots et s’arrêtent en même temps qu’eux.

Quant à Ford, son penchant pour Debussy est joyeusement ironique. La musique « Reveries » qu’il utilise pour calmer Maeve contrôle étrangement l’humanité des hôtes puisqu’il s’agit également de la musique utilisée pour le grand final, lors de son discours devant Delos.

 

Anthony Hopkins

 

Rien n’a été laissé au hasard dans la série, jusqu’à l’utilisation des morceaux. La minutie de la narration a été travaillée pour permettre aux spectateurs de percevoir des indices des intrigues à travers le moindre élément.

Les abonnés Spotify peuvent déjà retrouver la bande originale de la série ici.

Si vous n’avez pas encore vu tous les symboles cachés dans la musique de Westworld, n’hésitez pas à revoir les épisodes de la saison 1 sur OCS go en attendant la prochaine saison.

 

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